Quand j'ai vu les perles roses sur la crème brûlée, j'ai voulu écrire avec une écriture nacrée. Malheureusement, il n'y aura sans doute que moi qui saisira cette sérénissime nuance... Oui, assurément.
Je grandis je crois. Je ne pleure plus que le quai de la gare, je serre les poings, j'écris un petit mot gentil à quelqu'un en espérant recevoir une réponse en forme de soutien, je lui envoie des baisers derrière la vitre, je maudits la SNCF de ne pas laver ces vitres qui ont l'audace de ne me permettre de distinguer que sa seule silhouette. Souvent, je le regarde et je fais le décompte des jours qui séparent notre prochaine entrevue. Car il ne faut pas se leurrer. Ces week end ne sont que des entrevues minutées qui n'ont aucun gout d'aventure et de retrouvailles, mais plutôt le goût amère de la peur de très vite se séparer.
La grève me rend triste moche et insipide. Elle n'éveille en moi aucune envie de liberté, elle appauvrit mon esprit, mes rêves, mes rires et mes tiroirs de bonbons.
Jules, chloé et Marion.
Je crois que je vais jouer à la morte.
Ils m'ennuient tous à ne jamais de donner de leurs nouvelles. Savoir qu'ils vont bien ne me suffit pas, moi aussi je réponds que oui, ca va. Non, décidément, cela ne veut rien dire.
Je hais Alcibiade mais je sais qu'il n'y est pour rien, Hermès est un sacré menteur.



